mercredi 7 novembre 2007

On ne pouvait pas le rater : 8 novembre 2007

Ce jeudi 8 novembre, Maud Fontenoy est l'invitée de Marc-Olivier Fogiel. Le 31 octobre dernier, elle a publié le livre "150 jours à contre-courant" aux éditions du Chêne.


Article "Maud Fontenoy, héroïne nouvelle vague" du 6 novembre 2007 tiré du site LeFigaro.fr :

Sept mois après son exploit - un tour du monde à la voile d'est en ouest -, Maud Fontenoy a le vent en poupe. Pleine d'énergie, elle attire dans son sillage de prestigieux supporteurs.
Elle a beaucoup ramé pour en arriver là : l'Atlantique en 2003 et le Pacifique en 2005. Elle voulait être au plus près de l'océan. Sa seconde mère. La première, c'est « maman Chantal ». Maud a le sens de la famille. Ensuite, elle a mis les voiles : le tour du monde à contre-courant, d'est en ouest. Arrivée triomphale, le 14 mars 2007, à Saint-Denis de la Réunion, après 153 jours et un démâtage spectaculaire au coeur de l'océan Indien. Bousculade des photographes. Le corps halé et les cheveux soyeux, Maud pose en maillot sur la plage. Sur les voiles et la coque de son bateau, s'inscrit le nom de son sponsor : L'Oréal. Ce jour-là, la marque de cosmétiques peut se dire que la navigatrice le vaut bien. Les vieux loups de mer grondent, c'est dans leur caractère. Dans Le Journal du dimanche, Jean-Luc Van den Heede - VDH pour les spécialistes -, détenteur du record de la spécialité sur ce même monocoque, cédé à la navigatrice, douche les enthousiasmes : « Sportivement, c'est nul ! », titre l'hebdomadaire. Polémique, tempête dans un verre d'eau salée. Sept mois plus tard, le marin revient sur l'affaire à pas de loup : « Elle n'a pas vraiment fait le tour du monde, mais de l'Antarctique, nuance-t-il, et dans les milieux de la voile, chacun sait que son temps n'est pas extraordinaire. Mais elle ne s'inscrivait absolument pas dans une logique de performance. Elle a eu la volonté farouche d'y arriver. Et ça, c'est tout à son honneur. »
Le vent est retombé. L'indomptable fille de Meaux - patrie de Bossuet et de Jean-François Copé - force le respect. Total respect, comme disent les élèves de l'école Guynemer, dans la ZEP de Meaux. Ses plus fidèles supporteurs. Emmenés par leur institutrice, l'intrépide Mme Busson, qui, en guise de tour du monde, a fait celui des banlieues, ils ont suivi depuis 2004 les aventures de cette grande soeur avec bien plus de passion que leurs cours : « Pour ces enfants qui manquent de confiance, elle est exemplaire. Elle ne fait pas que réaliser ses rêves, elle les transmet. Son message : ne jamais baisser les bras. » « Ça fait pitié », a dit Zinédine quand elle a démâté. Mais elle est repartie. Comme le déclament Victor Hugo, Mme Busson et Maud Fontenoy : « L'épuisement des forces n'épuise jamais la volonté. » Fontenoy est un ange, elle donne des ailes à ceux qui la suivent. Vice-président de L'Oréal, Patrick Rabain la décrit avec une flamme qu'aucun vent n'éteindra : « Ce qui m'a beaucoup impressionné, au-delà de l'exploit sportif, c'est son implication sur un grand nombre de sujets, notamment l'environnement. Elle pense que ça vaut la peine de se battre pour préserver la beauté de la nature et l'exprime avec une force incroyable. »
Message reçu. Maud Fontenoy est l'ambassadrice idéale d'une marque qui cherche à conquérir un nouveau territoire, celui de l'engagement. Rien ne lui résiste, enfin, jamais très longtemps. VDH : « C'est une personne qui atteint l'objectif qu'elle s'est fixé » ; Jocelyne Busson : « Elle explique que pour venir à bout d'un problème, il faut le découper en tranches » ; Patrick Rabain : « C'est une conquérante. »
12 juillet 2007, Maud Fontenoy est élevée par Nicolas Sarkozy au rang de chevalier de l'ordre national du Mérite. Dans l'assistance, du beau linge : le parrain de son voilier, Patrick Poivre d'Arvor, sa marraine, Annette Roux, PDG de Bénéteau, François Pinault, l'amiral Oudot de Dainville, l'état-major de L'Oréal... Absent de France, Nicolas Hulot s'est excusé.
Comment la jeune femme parvient-elle à aimanter une telle flotte ? « Il y a en elle une sorte de magnétisme », confie Patrick Rabain. « Elle a un rapport à l'autre assez extraordinaire, souligne son éditeur chez Arthaud, Sophie Lajeunesse, on dirait une amie qui débarque. » « Tous ces gens, commente l'intéressée, se sont beaucoup battus, chacun dans son domaine, pour y arriver. Peut-être se retrouvent-ils un peu en moi. »
Pourtant, à l'entendre, les honneurs et les compliments ne risquent pas de la faire dériver. Sa médaille ? « Franchement, ça ne m'a rien fait. T'es pas obligé de me croire. » Maud tutoie tout le monde, d'emblée, à l'instinct : l'océan, le chef de l'État, le danger. C'est sa manière d'aller à l'essentiel. Elle a 30 ans, une intense soif de vivre, une poignée de main douce et ferme. Elle se comporte avec les êtres comme elle navigue : au près. Sa meilleure amie, Aude-Justine, dit qu'elle garde « toujours les pieds sur terre ».
Depuis le début de l'automne, on la croise souvent dans les sphères politiques. Dangereux icebergs pour une idéaliste ; plus d'un y a fait naufrage. Un soir de match de rugby, elle a dîné à la table de Nicolas Sarkozy, en compagnie de Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, David Douillet, Didier Barbelivien... Ça fait beaucoup de monde pour une habituée des traversées en solitaire. Elle a faseyé, observant ce milieu qu'elle connaît mal. Le chef de l'État l'apprécie, ils partagent des valeurs communes : le goût de l'effort, du dépassement de soi, la volonté d'aller jusqu'au bout des choses. A-t-elle été tentée par le secrétariat d'État à la Jeunesse ? Elle esquive, plissant les yeux, comme s'il y avait du soleil. Joli sourire : « C'est une rumeur. » Virement de bord : « Ce qui me choque, quand on aborde la politique, c'est qu'on parle tout de suite de requins. D'un seul coup, le discours est dénaturé. On a l'impression qu'on ne devient plus sincère.»
Maud aime le mouvement, les enfants, la terre, les gens qui croient en ce qu'ils disent. C'est une héroïne moderne. Elle ira loin. Elle a déjà franchi le cap Horn. Il y en aura d'autres.
On a rarement vu une jeune femme voguant à contre-courant être autant dans le vent.

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